Justin Moores

Director of Commercialization, Industry, & Innovation, UPEI
(902) 394-6739 jmoores@upei.ca

Parlez-nous un peu de votre parcours professionnel avant Synapse.

Alors que je me préparais à faire ma maîtrise en génétique, le CRSNG m’a annoncé que si je pouvais trouver une entreprise avec laquelle m’associer, il partagerait le coût d’une bourse. J’ai passé l’été à frapper à de nombreuses portes et beaucoup de temps à me demander comment convaincre une entreprise de s’intéresser à mon plan de recherche.

C’est ainsi que je me suis retrouvé associé à une entreprise pour ma maîtrise et mon doctorat. J’ai donc commencé à travailler dans un programme de recherche appliquée avant même de savoir qu’il existait d’autres programmes susceptibles de me soutenir et de m’encourager dans cette voie.

Cette expérience est revenue souvent dans mes entrevues avec mon éventuel employeur, Mitacs. C’était un véritable atout de m’être débrouillé ainsi, puisque c’est exactement ce qu’on m’a demandé de faire pour d’autres personnes avec Mitacs. J’ai décroché mon poste en 2010 et j’ai passé sept ans dans l’équipe de développement commercial, où j’ai fini par œuvrer dans le domaine du développement commercial, certes, mais aussi de la gestion de comptes stratégique.

Qu’est-ce qui vous a amené à l’UPEI?

Ma femme et moi venons tous deux de la côte est et nous cherchions une occasion de quitter Ottawa pour revenir dans la région Atlantique. Lorsque nous avons commencé à chercher des possibilités de travail ici, je savais déjà que je voulais participer à l’écosystème d’innovation de la région. Synapse m’a donné la chance de mettre à profit mon intérêt et mon expérience en matière de transfert de technologie, de commercialisation et de partenariats industriels.

Qu’est-ce qui vous intéresse, dans la commercialisation?

Nos établissements d’enseignement regorgent d’idées qui finissent par ne jamais se concrétiser, alors je suis très intéressé par la promotion des idées. Peu importe le résultat final, je veux voir les choses avancer et arriver à l’une de ces deux conclusions : soit c’est un excellent exercice pour l’université et il vaut mieux que les choses restent ainsi, ou alors c’est une innovation qui pourrait aider à relever un défi en dehors de l’université. Ça peut passer par la création d’une nouvelle entreprise innovante, par le soutien apporté à une entreprise existante, ou encore par un tout autre projet. Ce qui m’intéresse, c’est de transformer une idée en solution concrète.

Avant de vous joindre à Synapse/Springboard, vous arrivait-il souvent de voir de bonnes idées se confiner aux établissements d’enseignement?

Oui, sans arrêt! Je travaillais autrefois à la mise au point de médicaments et à la compréhension du fonctionnement des maladies. Souvent, on voyait les plus grands laboratoires du pays et du monde tomber sur la grande innovation de l’avenir, comme un nouveau traitement potentiel pour un certain type de cancer, publier la recherche dans les plus grandes revues et faire jaser dans les médias. Puis, les mois et les années s’écoulaient et les patients n’en bénéficiaient jamais. Malheureusement, c’est encore assez commun. Avoir une idée et la transformer en produit ou en service, ce sont deux choses qui requièrent des compétences très différentes.

À votre avis, comment le Canada atlantique se situe-t-il par rapport à l’Ontario dans ce domaine?

Les compétences que nous avons ici, au sein du réseau, et plus particulièrement dans le réseau Springboard, sont exceptionnelles. Beaucoup d’autres groupes parlent de collaboration, mais honnêtement, ce ne sont que des paroles en l’air. J’ai fait partie d’autres réseaux, et ils n’existent plus.Le réseau Springboard est considéré comme un modèle. Comme un réseau fonctionnel. Et c’est attribuable en grande partie à l’avantage que nous tirons de notre petite taille. Comme nous arrivons si bien à nous coordonner, nous pouvons faire le pont entre les bonnes personnes dans toute la région.

Le fait de travailler depuis l’Île-du-Prince-Édouard entraîne-t-il son lot de défis, dans ce domaine?

Les entreprises multinationales œuvrent dans le monde entier. Il faut leur donner une très bonne raison de venir au Canada atlantique pour établir des partenariats, car elles ont l’avantage de choisir, et elles le font! Nous devons donc nous mesurer à des villes comme Montréal, Toronto ou Londres. Les frontières provinciales dans la région atlantique représentent parfois un obstacle, mais je pense que nous nous rendons tous compte qu’il ne sert à rien de se faire concurrence. On ne peut pas opposer la Nouvelle-Écosse à Terre-Neuve-et-Labrador ni l’Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick : il faut agir ensemble en tant que Canada atlantique. Il existera toujours une distinction entre les provinces; c’est une question de politique. Mais du point de vue de l’innovation, il nous faut vraiment agir comme un.

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